L'isolation

Réduire ses dépenses énergétiques. Tel est l’objectif que les institutions, les entreprises ou le citoyen lambda se sont fixé, officiellement (grenelle de l’environnement) ou officieusement. Lors d’une rénovation, on s’interroge forcément sur la source de chauffage à adopter (chauffage electrique, au gaz, géothermie…), ou sur la façon d’améliorer un système déjà existant afin d’en réduire la consommation énergétique.
Plusieurs solutions existent : opter pour les énergies renouvelables pour le chauffage et la production énergétique, adapter les besoins en énergie grâce à des appareils qui régulent la consommation électrique ou encore améliorer l’isolation de sa maison.
Ce dernier point est particulièrement efficace et fait parti des recommandations établies lors du grenelle II. L’isolation doit être pensée lors de la construction de l’habitation. Pour éviter de trop fortes dépenses en matériel et en main d’œuvre. Il est donc d’usage de se concentrer sur 3 points particulièrement important pour une bonne isolation : le toit, les fenêtres et les murs.

Le toit représente environ 30% des déperditions thermiques lors d’une saison de chauffe car c’est la première surface d’échange thermique avec l’extérieur. Ce chiffre peut baisser si le logement est un logement collectif.
Les fenêtres peuvent être à l’origine de 13% de pertes de chaleur dans une habitation. Ce chiffre peut-être amené à 30% si les fenêtres sont un simple vitrage, autant que le toit !
Enfin les murs, également très exposés avec l’air extérieur, suscitent à peu près autant d’échange thermique que le toit.

Ces quelques chiffres montrent à quel point les déperditions de chaleur peuvent être importantes. Heureusement, beaucoup de matériaux isolants, naturels ou non, existent. On redécouvre même des matériaux délaissés depuis longtemps mais pourtant connus depuis des siècles…


Les isolants « industriels » :

  • Les matériaux synthétiques (polystyrène, polyester) ont généralement de bonnes capacités isolatoires, mais sont souvent dangereux pour la santé (ils dégagent des vapeurs toxiques lors de la combustion). Ils équipent en majorité des logements modestes du fait de leur faible coût. Malgré ce facteur, ce type d’isolant est très peu répandu. De nos jours, de nouveaux matériaux voient le jour (polyuréthane, polyisocyanurate) aux caractéristiques intéressantes ; une bonne isolation avec une couche de matériel fine.
  • Les matériaux minéraux (laine de verre, de roche…) sont les plus répandus grâce à leur grande capacité d’isolation (hors milieu humide) et leur coût bon marché. Cette matière est obtenue par fusion, centrifugeage et soufflage de roche (du basalte généralement) ou de verre recyclé. Le principal problème de cette technique est le risque d’irritation des voies respiratoires et de la peau lors de la pose, à cause des particules de verre ou roche en suspension dans l’air.

Les isolants naturels :

  • Les fibres végétales (conditionnées de la même façon que les fibres minérales : en plaque). Elles ont des qualités d’isolation équivalentes mais ne sont pas très répandues. Prenons comme exemple le chanvre, connu et cultivé en Europe depuis des siècles pour l’isolation des habitations et la fabrication de vêtements. Malgré cela et de bonnes capacités isolatoires, connaissez vous beaucoup de bâtiments isolés grâce à ce matériau ?
  • La ouate de cellulose : très bon isolant avec des capacités d’isolation équivalente à la laine de verre. Conditionnée de trois façons (en vrac, en copeaux ou en plaque), la ouate est enduite d’additifs inoffensifs pour éviter les incendies, la prolifération d’insecte et la moisissure. Ce matériel est considéré comme l’isolant le plus écologique. En effet, il est obtenu grâce au recyclage de journaux. De même, sa fabrication nécessite beaucoup moins d’énergie que la fabrication de laine de verre par exemple. Et chose importante, la ouate de cellulose est capable de réduire jusqu’à 24% la consommation d’énergie d’une habitation qui en est équipée.

Bien d’autres matériaux existent (liège, lin, laine, chaume et paille ou encore bois) et ont tous une bonne capacité d’isolation. Ils commencent à émerger sur le marché grâce à l’intérêt des particuliers et des entreprises au fait des dernières recommandations en matière de constructions neuves.
De même, certaines techniques, comme l’isolation extérieurs, se révèle une technique très efficace pour réduire les pertes de calories dues aux ponts thermiques. L’isolant est placé sur les murs extérieurs et de cette façon, on peut bénéficier de l’inertie thermique des murs, très peu active avec une isolation intérieure.
Enfin, pour contrer les fuites de calories par les fenêtres, optez pour des doubles vitrages. Ils permettent de réduire de moitié les pertes de chaleur par rapport à un simple vitrage. Ce point est le plus simple à réaliser puisqu’il ne nécessite pas de grands travaux, il suffit d’utiliser les emplacements déjà existants. Et puis il y a un procédé simple connu de tous : fermer ses volets et tirer les rideaux afin de réduire encore plus les déperditions thermiques par les fenêtres !

Bien isoler son habitation est donc primordial, d’abord pour le confort que cela engendre, ensuite pour les économies d’énergie qui en découlent. Ce dernier point est particulièrement important, notamment dans les nouvelles normes mises en place par le gouvernement concernant les constructions neuves (bâtiment basse consommation) ou les limites de consommation énergétique ne doivent pas dépasser 50 kWh/m².